Documents de référence
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Le site ferroviaire de Chelles/Vaires : un atout pour le développement raisonnable de la région Ile-de-France...
Le territoire de «Marne-et-Chantereine» s'enorgueillit de disposer d'une vaste emprise SNCF partie prenante du réseau ferré national et international. Installé dans les années trente, le Triage de Chelles-Vaires a joué un rôle important comme plateforme de tri et de maintenance des wagons pour tout le réseau ouvrant Paris sur les régions Champagne-Alsace-Ardennes,et au-delà vers l'Allemagne et vers l'Europe du Nord.Symbolique d'ailleurs, le Triage de Chelles-Vaires a été le théâtre d'actes de résistance notoires durant la Seconde Guerre Mondiale, avec un réseau FTPF très actif..
L'activité de tri s'est par la suite ralentie d'année en année, du fait de l'abandon par la direction de la SNCF d'une véritable politique du fret, cédant à la concurrence néfaste du transport routier (… dont elle est d'ailleurs souvent elle-même actionnaire, via ses filiales Géodis, Calberson, etc, etc..!).
Les restructurations intervenues depuis, avec la séparation entre RFF (Réseaux Ferrés de France) et SNCF, puis la filialisation du Fret-SNCF, la fermeture du SERNAM de Chelles, l'abandon du trafic en wagons isolés (au profit de la logique des «trains complets»), la mise en place du plan « Fret 2006 » (qui s'est traduit par la suppression de plusieurs milliers d'emplois cheminots et la réduction des investissements sur le matériel roulant – au nom de la concurrence et de la compétitivité recherchée) se sont traduites par une déshérence quasi-totale du site (… seul restant en lice le transit des granulats et matériaux de construction : le site de Chelles-Vaires étant la première gare «cimentière» d'Ile-de-France).
A l'heure des objectifs de réduction drastique de la facture énergétique d'une part et du volume des émissions de gaz à effet de serre d'autre part, l'enjeu d'une véritable politique du fret en Ile-de-France se pose avec urgence : Il n'est plus tolérable aujourd'hui d'accepter que, sur les 300 millions de tonnes de trafic marchandises négéré par l'activité économique en Ile-de-France (hors transit), seuls 5 % circulent par voie ferrée (comme 5 % par voie fluviale / tout le reste, soit 90 %, circulant par route..! - Chiffres du SDRIF 2008).
Dans ce contexte, la situation particulière du site ferroviaire de Chelles-Vaires (21 hectares de terrains équipés, à moins de 20 km de la capitale) constitue un potentiel unique pour le développement d'une plateforme fret «intelligente».
Nota : Bien que réticente à tout engagement stratégique en faveur du fret, la SNCF elle-même avait dû envisager au début des années deux-mille l'installation d'un «cour multi-technique» transitoire sur le site de Chelles, afin de compenser la saturation du site de Noisy-le-Sec dédié au trafic avec l'Italie, et en attendant la réalisation de la
plateforme de Saint-Mard. Le projet ne s'est jamais réalisé, malgré la disponibilité des équipements...
Dans son chapitre consacré au transport des marchandises en Ile-de-France, le Schéma Directeur 2008 promeut un renforcement du maillage et des équipements d'infrastructure ferroviaire :
- Maintien des grands historiques autour de Paris (Gennevilliers / Bonneuil / Limay / Rungis / Roissy / Le Bourget / Villeneuve-St-Georges / Valenton...) et dans Paris même (Gobelins / Evangiles / Bercy / Batignolles...)
- Maintien des sites reliés à la «Petite Ceinture» pouvant desservir Paris et sa banlieue : Saint-Ouen-Docks / Plaine-Saint-Denis / La Courneuve / Bobigny / Pantin / Noisy-le-Sec / Seine-Amont / Pompadour / Nanterre...
- Développement des «autoroutes ferroviaires» prévues par la SNCF, avec mise en place de «chantiers combinés» à Valenton (Val-de-Marne) et Saint-Mard (Seine-et-Marne, au-dessus de Roissy-CDG...)
- Organisation des sites périphériques «en étoile» : Achères / Saint-Ouen-l'Aumône / Vaires-Chelles / Val-Bréon / Montereau / Athis-Mons / Brétigny / Trappes...
Dans ce dispositif, la gare SNCF de Chelles-Vaires peut connaître un développement et une utilité qui aille bien au-delà du simple transport des granulats et de sa « spécialité » cimentière. Sa proximité immédiate avec la Francilienne (route), le canal de la Marne (fluvial) et sa connexion avec la Grande ceinture (fret ferré) en font un site de prédilection pour le développement d'activités innovantes en matière de logistique de proximité (activités «embranchées», conditionnement de détail, desserte des centres commerciaux proches, distribution de l'eau de Chantereine, etc, etc...).
Le lancement par la Communauté d'Agglomération «Marne-et-Chantereine» d'une procédure de création de ZAC à vocation industrielle sur la frange Sud du site SNCF ne devrait pas aller à l'encontre d'une telle ambition prospective. Mais le poids de la Région, adossé à un véritable projet fret à l'échelle régionale, devrait aider à construire et imposer des partenariats exigeants avec RFF et la SNCF.
Le couplage éventuel de cette installation fret projetée avec la liaison tangentielle ferrée ci-avant évoquée (cf. «Lutèce» non réservée au transport des personnes, mais ouverte également au transport des marchandises...) ouvrirait au surplus des gages d'efficacité supplémentaire, permettant d'inscrire le site de Chelles dans un système maillé de synergies complémentaires : tangentielle fret reliant donc Roissy-CDG (avec une gare fret-TGV projetée...) / faisceau Paris-Nord (plateforme de Saint-Mard projetée...) / faisceau Paris-Est / ligne Paris-Bâle (vers le site logistique de Val-Bréon / ligne Paris-Lyon (vers le Sud et l'Italie) / ligne Paris-Austerlitz (avec la «halte fret» de Brétigny, vers Bordeaux et vers l'Espagne...).
Pour l'heure, la réflexion sur le devenir du site SNCF de Chelles-Vaires (associée à la réflexion sur le devenir du site de l'ancienne Centrale EDF thermique de Vaires, en cours de démantèlement...) peut et doit viser l'efficacité économique et sociale autant que l'utilité environnementale, à l'échelle régionale.