Les élus communistes de la Communauté d'Agglomération de Marne et Chantereine ont organisé une conférence de presse le jeudi 27 mai 2010, sur le site du triage de Chelles.
Ont participé à cette conférence de presse et été accueillis par les cheminots du site et notamment Régis Ragon, secrétaire CGT de la Fédération des cheminots à la gare de triage de Vaires-sur-Marne :
- Luc Darloy, conseiller communautaire et conseiller municipal à Vaires-sur-Marne (PCF)
- Gilles Vigier, conseiller communautaire et adjoint au Marie de Chelles (PCF)
- Frank Mouly, conseiller communautaire et président du groupe des élus communistes de Chelles (PCF)
- Michel Billout, sénateur (CRC-SPG)
- Charlotte Blandiot-Faride, conseillère régionale (Front de gauche)
- Marc Thiberville, conseiller général du Val de Marne (PCF)
- Michèle Guzman, secrétaire de la fédération de Seine-et-Marne du PCF
- Serge Goutmann, membre du comité régional du PCF
Ci-dessous, l'introduction prononcée par Luc Darloy à cette occasion :
Bonjour,
En quelques mots ce qui nous a amené à vous inviter aujourd’hui.
Comme vous le savez la communauté d’agglomération travaille avec la commune de Chelles à l’élaboration d’un éco-quartier. Le travail en commission a permis de faire apparaître que les 11hectares de la ZAC n’étaient, si je puis me permettre, que la locomotive d’un projet d’aménagement plus vaste de près de 140 hectares concernant le cœur de notre agglomération et interférant avec les réflexions en cours sur les cités cheminotes et sur le centre ville de Brou, sans parler de l’entrée ouest de Chelles par l’ex RN 34
Comme je l’ai dit en conseil communautaire il est bien que notre communauté d’agglomération soit amenée à exercer pleinement ses compétences en matière d’aménagement sur la base de notre projet de territoire, en matière de logement et notamment de logement social, en matière d’emplois, dans le respect des choix de chacune de nos communes et qu’elle soit en capacité de faire des propositions. Cela permet de mieux mesurer l’impact de l’éco-quartier sur le reste du territoire.
Cela est d’autant plus utile alors que notre territoire ne manquera pas, et ne manque pas déjà, d’éveiller des appétits spéculatifs attisés par le projet présidentiel du Grand Paris, sans lien avec les besoins des habitants.
Un tel projet va modifier le cœur de l’agglomération, cela nécessite que tous les élus et toute la population de Marne et Chantereine soient informés de tous les enjeux au moment de prendre chaque décision.
Cela amène à une deuxième considération
Si nous voulons promouvoir un quartier s’inscrivant dans une démarche de développement durable il doit s’intégrer dans le contexte local à savoir la présence du site ferroviaire du triage de Chelles-Vaires dont nous sommes nombreux à vouloir défendre et développer son activité dans le cadre d’une modernisation de ses installations., cf. prise de position des municipalités et des élus communistes
Cette activité doit être prise en compte dans la conception même de ce quartier et en faire une donnée importante qui renforce son originalité en intégrant l’activité ferroviaire qui contribue aussi au développement durable.
Nous avons donc fait part de notre inquiétude quand il est apparu que le périmètre global du projet d’aménagement incluait le triage nord pour y construire aussi du logement et des bureaux. On peut expliquer qu’il ne s’agit que d’une esquisse de travail à long terme. Mais nous avons noté que la réalisation de logement est prévue juste après 2015 sur ses emprises. Cela signifie sans doute que les négociations avec RFF sont déjà entamées. Et si ce n’est qu’une hypothèse à long terme pourquoi faire ce choix ?
Aujourd’hui RFF et la SNCF remettent en cause le trafic marchandises ferré en se débarrassant des wagons isolés et donc des triages. Devons nous accepter cet abandon comme une fatalité, et en faciliter la mise en œuvre en l’affichant ? Nous attirons l’attention sur le fait que supprimer le triage nord c’est rendre définitivement impossible une activité de tri de wagons et donc la mort du site.
C’est supprimer un des atouts économiques de notre territoire, des emplois cheminots, mais c’est aussi condamner un site logistique d’intérêt régional, une des portes d’entrée ferroviaires à l’est de l’Ile de France qui pourrait aussi servir au niveau local à la mise en place de desserte de proximité à partir du triage par des véhicules propres vers les centres commerciaux et les entreprises du secteur.
Vision passéiste ? Des gens très intelligents décrètent, au nom de la rentabilité économique que le wagon isolé est dépassé comme on disait il y a cinquante ans que le tramway n’avait pas d’avenir.
Pourquoi donc les chemins de fer allemands viennent de faire le choix inverse en considérant que le wagon isolé est l’avenir du rail ?
Il y a donc bien, à notre avis, incompatibilité dans une démarche de développement durable entre la notion d’éco-quartier et une remise en cause irréversible du potentiel de ce site de triage qui pourrait avec sa modernisation répondre à des enjeux écologiques locaux et régionaux.
Il faut que chacun en soit conscient.
Nous voulons au contraire que le projet d’éco-quartier et plus largement d’aménagement du cœur de l’agglomération et le maintien du potentiel d’activité ferroviaire du site actuel se nourrissent. Pour l’activité ferroviaire en intégrant toutes les contraintes environnementales et en prenant en compte les dimensions locales et régionales en matière de logistique ferroviaire, pour l’éco quartier en intégrant ainsi une activité également utile à l’environnement.
Vous le voyez il ne s’agit pas pour nous de revenir à ce qu’était le triage il ya des décennies, mais nous avons la responsabilité de l’avenir. Que dira-t-on si dans quelques années le besoin soit affirmé de développer le ferroviaire et que de notre côté nous ayons rendu irréversible l’utilisation du site.
C’est dans cet esprit que nous avons fait trois propositions au dernier conseil:
Tout d’abord faire du maintien du site ferroviaire et de son activité un des données intrinsèques du projet d’éco quartier ou de nouveau quartier urbain, ce qui signifie entre autre conserver la vocation ferroviaire des terrains du triage nord. Il n’y a aucune raison que cela pose problème à l’Etat initiateur du Grenelle de l’environnement et encore moins à la Région attentive à ces questions.
Deuxièmement mettre en place dans le dispositif de concertation en cours un groupe de travail pour élaborer des propositions concernant le maintien et le développement de l’activité ferroviaire du site du triage en tenant compte de tous les enjeux environnementaux
Engager enfin un processus de démarche et d’intervention auprès de l’Etat, de la Région, du département,de RFF et de la SNCF pour la défense de ce site et pourquoi ne pas en faire un site expérimental pour le développement de nouvelles pratiques ferroviaires liées au fret. Nous pourrions également nous appuyer sur les démarches engagées par plusieurs maires pour le maintien de l’activité des triages situés sur leur commune.
Ces propositions sont bien entendu à discuter, que cette question de l’éco-quartier et du devenir du site soit l’affaire des élus de la population des quatre communes, des salariés et notamment des cheminots travaillant sur le territoire. C’est pourquoi nous les faisons dès maintenant et non le 30 juin lorsque le CC sera saisi de la création de la ZAC FISCHER-CASTERMANT nécessaire à l’éco-quartier e à la veille des vacances
Je vous remercie.